About: Histoire de la Revolution francaise, III by Adolphe Thiers

LA REVOLUTION

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HISTOIRE

DE LA

REVOLUTION

FRANCAISE

Volume III

_PAR M.A. THIERS_

HISTOIRE DE LA REVOLUTION FRANCAISE.

CONVENTION NATIONALE.

CHAPITRE PREMIER.

NOUVEAUX MASSACRES DES PRISONNIERS A VERSAILLES. ABUS DE POUVOIR ETDILAPIDATIONS DE LA COMMUNE. ELECTION DES DEPUTES A LA CONVENTION. COMPOSITION DE LA DEPUTATION DE PARIS. POSITION ET PROJETS DESGIRONDINS;CARACTERE DES CHEFS DE CE PARTI;DU FEDERALISME. ETAT DU PARTIPARISIEN ET DE LA COMMUNE. OUVERTURE DE LA CONVENTION NATIONALE LE20SEPTEMBRE1792;ABOLITION DE LA ROYAUTE;ETABLISSEMENT DE LA REPUBLIQUE. PREMIERE LUTTE DES GIRONDINS ET DES MONTAGNARDS;DENONCIATION DEROBESPIERRE ET DE MARAT. DECLARATION DE L'UNITE ET DE L'INDIVISIBILITE DELA REPUBLIQUE. DISTRIBUTION ET FORCES DES PARTIS DANS LA CONVENTION. CHANGEMENT DANS LE POUVOIR EXECUTIF. DANTON QUITTE SON MINISTERE. CREATION DE DIVERS COMITES ADMINISTRATIFS ET DU COMITE DE CONSTITUTION.

Tandis que les armees francaises arretaient la marche des coalises, Parisetait toujours dans le trouble et la confusion. On a deja ete temoin desdebordemens de la commune, des fureurs si prolongees de septembre, del'impuissance des autorites et de l'inaction de la force publique pendantces journees desastreuses: on a vu avec quelle audace le comite desurveillance avait avoue les massacres, et en avait recommande l'imitationaux autres communes de France. Cependant les commissaires envoyes par lacommune avaient ete partout repousses, parce que la France ne partageaitpas les fureurs que le danger avait excitees dans la capitale. Mais dansles environs de Paris, tous les meurtres ne s'etaient pas bornes a ceuxdont on a deja lu le recit. Il s'etait forme dans cette ville une trouped'assassins que les massacres de septembre avaient familiarises avec lesang, et qui avaient besoin d'en repandre encore. Deja quelques centshommes etaient partis pour extraire des prisons d'Orleans les accuses dehaute trahison. Ces malheureux, par un dernier decret, devaient etreconduits a Saumur. Cependant leur destination fut changee en route, et ilsfurent achemines vers Paris. Le 9 septembre on apprit qu'ils devaientarriver le 10 a Versailles. Aussitot, soit que de nouveaux ordres fussentdonnes a la bande des egorgeurs, soit que la nouvelle de cette arriveesuffit pour reveiller leur ardeur sanguinaire, ils envahirent Versaillesdu 9 au 10. A l'instant le bruit se repandit que de nouveaux massacresallaient etre commis.

Le maire de Versailles prit toutes les precautionspour empecher de nouveaux malheurs. Le president du tribunal criminelcourut a Paris avertir le ministre Danton du danger qui menacait lesprisonniers; mais il n'obtint qu'une reponse a toutes ses instances: _Ceshommes la sont bien coupables_. "Soit, ajouta le president Alquier, maisla loi seule doit en faire justice.

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